Editorial

Numéro spécial : démystification de la recherche en psychothérapie

Chères lectrices et chers lecteurs,

 

Ce numéro spécial a pour objectif de mettre à la disposition des psychothérapeutes (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes en thérapie comportementale et cognitive [TCC]), des infirmiers pratiquant l’approche comportementale et cognitive, autrement dit, toute personne pratiquant des thérapies, des clefs afin de mieux comprendre les articles rapportant des « études contrôlées randomisées ».

 

Les TCC s’appuient sur des protocoles de prise en charge centrés sur des diagnostics : la diminution des symptômes étant la preuve de l’efficacité de la prise en charge. Ces protocoles ont démontré leur efficacité et ils sont enseignés dans les diplômes spécialisés en TCC. Ils ont fait l’objet d’articles scientifiques publiés dans des revues.

 

Ce numéro fournit un « mode d’emploi des textes scientifiques » afin que les cliniciens non-chercheurs acquièrent un regard plus aiguisé et fassent la différence entre une technique thérapeutique empiriquement validée et une autre qui n’a pas suffisamment fait ses preuves. Plus exactement, nous avons cherché à vous donner un regard plus critique sur les textes « scientifiques » afin que vous preniez « moins pour argent comptant » les textes publiés dans les revues.

 

Le premier article « Où est passée la science en psychologie clinique » écrit par Drapeau & Korner explore les différentes manières pour un thérapeute installé en libéral de maintenir une « bonne pratique » après l’obtention de ses diplômes. En effet, avoir un diplôme en TCC est le signe d’une reconnaissance d’acquis théoriques (décrire la prise en charge d’une personne présentant une agoraphobie par exemple) et d’habiletés pratiques (validation d’un mémoire portant sur des « cas cliniques »). Or les connaissances scientifiques évoluent. Pour exemple, l’apport de la psychopathologie cognitive et l’étude des processus transdiagnostiques vont très certainement modifier (voire révolutionner) la pratique des psychothérapies. Il existe des guides de pratique clinique et des conférences de consensus pour maintenir ses connaissances à jour. L’article de Drapier & Korner met en garde les cliniciens et leur demande d’avoir un regard plus « critique » face aux guides de pratique clinique.

 

 

 

Le second article « Lire les résultats de recherche en psychothérapie ? Petit guide de survie aux statistiques à l’usage des cliniciens » par de Roten & Crettaz von Roten explique notamment les trois principaux indices statistiques. Ces indices permettent d’affirmer que la technique est efficace (ou non) d’un point de vue « scientifique ». Normalement les experts des revues ont vérifié l’exactitude des données présentées avant la publication. L’objectif des auteurs est de vous faire comprendre ces indices statistiques afin de démystifier la recherche scientifique.

 

Le troisième article « Rédiger une étude de cas en TCC : Guide à l’usage des thérapeutes qui souhaitent défendre leur travail de façon rigoureuse » d’Ortega, Rengade, Maccaferri & Brodard évoque comme son nom l’indique la rédaction d’une étude de cas en thérapie comportementale et cognitive. Les auteurs s’appuient sur le canevas proposé aux cliniciens en formation dans leur Master of Advanced Studies (MAS) en psychothérapie comportementale et cognitive (Suisse-Romande). Ils détaillent les différents points à aborder avec un focus sur l’aspect rédactionnel de l’étude de cas. Cet article est théorique et permet aux étudiants et cliniciens d’avoir une référence de présentation de cas. Précisons qu’il existe d’autres modèles en ce domaine.

 

Pour conclure, je remercie les auteurs et les « reviewers » de ce numéro spécial d’avoir respecté les délais imposés pour la publication. La Revue Francophone de Clinique Comportementale et Cognitive souhaite inciter ses lecteurs à publier sur leur pratique après la lecture de ce numéro.

Martine Bouvard

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Recherches

Où est passée la science en psychologie clinique? Where is the science in clinical psychology

 

Bien que la psychologie soit, selon plusieurs organisations qui représentent les psychologues tant en Amérique du Nord qu’en Europe, une discipline fortement influencée, voire définie, par la science, le lien entre pratique et science, et la translation de la recherche vers la clinique, sont souvent mis à mal et parfois remis en question. Cet état de fait, soit un schisme entre la clinique et la recherche, persiste en dépit de la publication et de la promotion de politiques sur la pratique selon les données probantes en psychologie. Dans cet article, les auteurs explorent diverses façons de permettre et de soutenir une pratique informée par la recherche scientifique, en accordant une attention particulière aux guides de pratique clinique. Or, bien que de tels guides, lorsque bien conçus, puissent en effet permettre aux psychologues cliniciens de tenir compte de la recherche dans leur pratique, certaines études démontrent qu’ils sont souvent de mauvaise qualité. Il appert ainsi que les organismes chargés de la surveillance de la psychologie ne donnent pas aux psychologues les outils nécessaires pour travailler d’une façon qui soit conforme à ce que ces organismes exigent de leurs membres.

 

According to most organizations representing psychologists both in North America and in Europe, psychology is a discipline that is defined by science. Despite this, the link between practice and science and the translation of research into clinical practice remain weak or suboptimal. This state of affairs, which is evident in the schism between clinical practice and research, persists despite the publication and promotion of policies on evidence-based practice in psychology. In this article, the authors explore ways to enable and support a practice informed by scientific research, with a focus on clinical practice guidelines. Although such guidelines, when properly designed, may indeed allow clinical psychologists to practice in a manner that is congruent with the state of scientific knowledge, some studies have shown that they are often of poor quality. It appears that organizations that oversee the practices of psychologists do not provide psychologists with the tools they need to work in a way that is consistent with what these organizations require of their members.

Mots-clés : science, recherche, psychologie, pratique clinique, lignes directrices, données probantes Key words : science, research, psychology, clinical practice, guidelines, evidence based practice

Martin Drapeau, Annett Korner

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Recherches

Lire les résultats de recherche en psychothérapie? Petit guide de survie aux statistiques à l’usage des cliniciens Reading the research results in psychotherapy? Small survival guide to statistics for clinicians

 

Le développement actuel de méthodes statistiques de plus en plus spécialisées et sophistiquées, combiné, entre autres, à ce qui s’apparente à de la frilosité du côté des revues, font que la lecture des statistiques demeure un art compliqué pour le clinicien et se résume trop souvent à « on ne comprend rien, on avale tout ». Dans cet article, nous nous intéressons à trois modes d’expressions des résultats : la significativité statistique, très peu utile pour le clinicien mais que l’on retrouve tout le temps ; la significativité pratique, qui concerne la taille de l’effet, qui donne une vue plus intuitive de l’efficacité d’un traitement en indiquant l’importance de cet effet, ce qui permet une comparaison directe avec les effets mesurés dans d’autres études et pour d’autres traitements ; et enfin la significativité clinique, avec la notion statistique de changement clinique significatif, qui offre une description du changement non seulement au niveau de l’échantillon, mais également au niveau du patient individuel. L’indication de ces trois types de significativité est une manière élégante et aisément systématisable d’augmenter la compréhension des statistiques pour les cliniciens. L’article discute également quelques autres indices importants comme l’intervalle de confiance ou l’homogénéité des données à prendre en compte pour une interprétation pratique, utile et non biaisée des données de recherche.

 

The current development of specialized and sophisticated statistical methods, combined with  the fear or even resistance of journals, makes the reading of statistics a complicated art for the clinician and can be summarized too often to "we do not understand anything, we believe everything". In this paper, we are interested in three ways of expressing the results: the statistical significance, which is of little use for the clinician but which is found all the time; the practical significance, which concerns the size of the effect, which gives a more intuitive view of the effectiveness of a treatment by indicating the importance of this effect and allows a direct comparison with the effects measured in other studies and for other treatments; and finally the clinical significance, which offers a description of change not only at the sample level, but also at the individual patient level. Indicating these three types of significance is an elegant and easily systematized way to increase the understanding of statistics for clinicians. We discusse some other important clues such as the confidence interval or the homogeneity of the data to be considered for a practical, useful and unbiased interpretation of the research data.

Mots-clés : taille de l'effet, statistiques, significativité, changement clinique Key words : effect size, statistics, significance, reliable cinical change

Yves de Roten, Fabienne Crettaz Von Roten

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Recherches

Rédiger une étude de cas en TCC : Guide à l’usage des thérapeutes qui souhaitent défendre leur travail de façon rigoureuse Writing a CBT case study: A guide for therapists who want to defend their work in a rigorous way

 

La rédaction d’une étude de cas est demandée lors des formations en psychothérapie afin de favoriser la réflexivité chez le clinicien et de consolider les liens entre les connaissances scientifiques et la pratique clinique. L’étude de cas permet aussi au psychothérapeute expérimenté de valoriser son travail ou de contribuer à l’évolution d’une théorie. Dans cet article, nous proposons un guide pour le thérapeute cognitivo-comportemental qui se lance dans l’exercice de rédaction d’une étude de cas. Chaque chapitre est détaillé avec des exemples, afin d’accompagner le futur auteur dans une démarche rigoureuse. Ce guide met en exergue la complexité de ce travail, et devrait contribuer à générer des travaux scientifiques profitant plus directement au travail des cliniciens.

 

The writing of a case study is required during psychotherapy training to enhance the clinician's reflexivity and to consolidate the links between scientific knowledge and clinical practice. The case study also allows experienced psychotherapists to add value to their work or to contribute to the evolution of a theory. In this article, we provide a guide for the cognitive-behavioral therapist who is embarking on the exercise of writing a case study. Each chapter is detailed with examples aiming to accompany the future author in a rigorous approach. This guide highlights the complexity of this work, and contribute to generate scientific work that benefits the work of clinicians more directly.

Mots-clés : formulation de cas cognitivo-comportementale, formation post-grade en psychothérapie, étude de cas, conseils de rédaction Key words : cognitive-bahavioral case formulation, postgrad psychotherapy training, case studies, writing guidelines

Diana Ortega, Charles-Edouard Rengade, Giorgio E. Maccaferri, Fabrice Brodard

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Formation

15e UNIVERSITE D'ETE : Thérapie familiale et thérapie de couple

 

Samedi 11 mai 2019

 

Le Domaine Centre Hospitalier , 39, Chemin Jean Lanneau, Braine-l’Alleud

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